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Sources pour les investisseurs à l’horizon 2025 (4ème trimestre 2024)

Pour notre dernière revue annuelle, nous examinons les points de vue éclairés de trois investisseurs de référence : un contrarian provocateur, un global macro et un investisseur « value » :

À la recherche de valeur dans un contexte de prix élevés des actifs

Dans son rapport « Gloom Boom Doom », l’anticonformiste provocateur Marc Faber soulève des questions cruciales sur la durabilité des valorisations actuelles des actifs. Il met en évidence une dichotomie croissante entre des estimations de bénéfices optimistes et la triste réalité d’une croissance médiocre des bénéfices calculés selon les principes comptables généralement admis (GAAP). Depuis décembre 2021, alors que le S&P 500 a progressé de 25 %, les bénéfices GAAP ont augmenté de moins de 1 %. La spéculation reste forte dans toutes les catégories d’actifs, les liquidités poussant les prix vers de nouveaux sommets. Selon la “BofA Global Investment Strategy”, septembre 2024 a été le mois d’assouplissement monétaire le plus important depuis avril 2020. En outre, le taux de croissance des bénéfices parmi les composants des ETF de l’intelligence artificielle (AI) a chuté de manière drastique, en dessous du S&P 500. Il y a donc moins de raisons de payer une prime aussi élevée pour les entreprises d’IA.

M. Faber souligne que le prix de l’or, plus que les chiffres de l’IPC, constitue un baromètre fiable des pressions inflationnistes. Malgré la valorisation élevée de l’or, M. Faber prévient qu’il semble moins gonflé que les actions américaines et d’autres classes d’actifs. Alors que les investisseurs à contre-courant apprécient de plus en plus la valeur des marchés asiatiques, la perspective d’une catastrophe financière provoquée par les politiques monétaires américaines actuelles se profile pour lui à l’horizon.

La compétitivité à long terme des nations dans un contexte mondial

La perspective “global macro” de Ray Dalio rappelle aux investisseurs qu’ils doivent tenir compte des forces macroéconomiques qui façonnent la compétitivité nationale. Alors que l’exposition aux actions et aux devises est souvent diversifiée au sein des portefeuilles multinationaux, Ray Dalio souligne l’importance de comprendre les changements structurels des marchés mondiaux. Les marchés émergents faisant preuve de résilience, leurs secteurs financiers et boursiers offrent des opportunités intéressantes pour les investisseurs à contre-courant. Voici quelques citations intéressantes tirées du rapport :

  • Les États-Unis et la Chine restent les « deux pays les plus puissants avec des niveaux élevés de conflit entre eux ».
  • La France semble être une puissance modeste avec « une main-d’œuvre relativement chère (sur une base de qualité ajustée) ».
  • Les faiblesses de la Russie demeurent « ses importants conflits internes, son manque relatif d’importance en tant que centre financier mondial, sa corruption et l’incohérence de l’État de droit, ainsi que la médiocrité de ses infrastructures et la faiblesse de ses investissements ».
  • La Suisse a un État de droit fort et une faible corruption. Ses faiblesses sont son économie relativement petite et sa main-d’œuvre relativement chère (sur une base ajustée à la qualité).

Enfin, M. Dalio a noté des améliorations significatives des valeurs financières en Malaisie, en Indonésie, au Brésil et au Chili, que les investisseurs internationaux doivent garder à l’esprit. Pour Dalio, l’amélioration des stocks financiers est « une condition préalable à un marché haussier », ce qui constitue un argument supplémentaire à côté de la valorisation des investissements dans les marchés émergents.

Obligations contre actions : Une nouvelle perspective sur les taux d’intérêt

La note d’Howard Marks d’octobre 2024, intitulée « Ruminating on Asset Allocation », souligne l’impact de la hausse des taux d’intérêt sur l’allocation d’actifs. Avec des perspectives de rendement de 7 à 10 % pour les titres de créance de qualité inférieure, Howard Marks affirme que les obligations sont devenues compétitives par rapport aux actions, car elles offrent une volatilité réduite et une stabilité des revenus contractuels. Il s’agit d’un changement radical par rapport aux rendements historiquement bas observés au cours de la période 2009-2021. Toutefois, les récentes indications des banques centrales pourraient signaler un retour à des taux d’intérêt bas dans des monnaies telles que le franc suisse.

Les observations de M. Marks soulignent la nécessité pour les investisseurs d’optimiser leurs portefeuilles plutôt que de les maximiser. L’équilibre entre les stratégies offensives par la détention d’actions et les stratégies défensives par l’utilisation d’instruments de dette permet d’obtenir des rendements ajustés au risque, adaptés aux objectifs financiers et à la tolérance au risque de chacun. Par conséquent, « l’attaque est généralement mieux jouée par la propriété d’actifs, et la défense est généralement mieux jouée par l’endettement ».

Options pratiques pour les obligations en USD

Selon Howard Marks, les investisseurs à la recherche de diversification et de revenus stables peuvent envisager des options pour les obligations en USD. Toutefois, l’univers d’investissement américain n’étant pas accessible à tous les investisseurs internationaux, voici quelques options pour les investisseurs européens et suisses :

  • iShares $ High Yield Corporate Bond UCITS ETF : Offrant un rendement SEC de 6,80 % avec un ratio de dépenses de 0,49 %, cet ETF offre une exposition aux obligations d’entreprises à haut rendement.
  • Vanguard High-Yield Corporate Fund Investor Shares (VWEHX) : Ce fonds affiche un rendement attrayant mais peut être soumis à des restrictions de négociation en fonction de la résidence.
  • Vanguard Long-Term Corporate Bond ETF (VCLT) : Avec un coupon moyen de 5,50 % et un faible ratio de dépenses de 0,04 %, cette option convient à ceux qui recherchent des obligations d’entreprises de plus haute qualité.

Dernière mise en garde pour 2025

En adaptant leur allocation à leur tolérance au risque et à leurs objectifs financiers, les investisseurs peuvent naviguer efficacement dans le paysage changeant des classes d’actifs. Les valorisations élevées et l’évolution des taux d’intérêt dans le contexte actuel constituent des défis, mais avant de se précipiter sur les obligations (comme le préconise Marks) en devises étrangères ou sur l’or (comme Faber, si vous pensez qu’une calamité est imminente ou que nous sommes à un tournant), tenez compte de votre propre situation, notamment de votre âge et de votre horizon d’investissement

Les jeunes investisseurs peuvent préférer les actions pour leur potentiel de croissance, tandis que les investisseurs plus âgés peuvent bénéficier de la stabilité des obligations. D’autres considérations doivent être prises en compte selon Marks : la situation financière, les aspirations, les responsabilités et le « courage » en cas de forte volatilité.

Quoi qu’il en soit, voici les questions clés de Marks que chaque investisseur devrait se poser :

  • Quelle est la part des actions et des obligations et quelle est la part des « alternatives » ?
  • Quelle est la part des titres publics et celle des actifs privés ?
  • Quelle part dans le pays d’origine et quelle part à l’étranger ?
  • Quelle est la part de ces derniers dans les pays développés et quelle est la part des marchés émergents ?
  • Quelle est la part des actifs de haute qualité et celle des actifs de faible qualité ? Quelle est la part des actifs à bêta élevé, plus volatils, et celle des actifs plus stables ?
  • Quelle est la part des stratégies à effet de levier et celle des stratégies sans effet de levier ?
https://www.oaktreecapital.com/insights/memo/ruminating-on-asset-allocation
The Great Powers Index: 2024 How the Leading 24 Countries, Are Doing and Their Prospects, for the Next 10 Years, Ray Dalio
Where do I find Value amidst inflated Asset Prices?  - Gloom Boom Doom by Marc Faber